Mardi 29 septembre 2020

Qui veut la peau de De Rugy ?

L’annonce a fait grand bruit… François De Rugy a posé sa dem’… très (trop) rapidement à mon goût. Analysons un peu ce qui se passe…

L’info selon laquelle le ministre invitait ses amis à de somptueuses réceptions à coup de homards et de bouteilles à 500€ a largement été relayée par les médias. Elle provient à la base de Mediapart, journal réputé pour ses « révélations » mais dont peu de Français sont abonnés. En effet, leurs articles sont payants, donc autant dire que pas grand monde n’a réellement lu leur billet, mis à part la presse qui s’est empressée de publier en masse les-dîtes accusations. Accusations qui ne cessent de s’amplifier puisqu’on l’accuse maintenant d’avoir bénéficié d’un logement social, ou d’avoir défiscalisé ses frais parlementaires à l’époque où il était député. Tous les jours une nouvelle boule puante surgit…

Mediapart, c’est un journal très à gauche dirigé par un ex-trotskiste, Edwy Plenel.
Mediapart, c’est le journal qui a dénoncé les comptes cachés en Suisse de Cahuzac ainsi que ce qui deviendra l’affaire Woerth-Bettencourt.
Mais Mediapart, c’est aussi le journal qui a révélé le financement des comptes de campagne de Sarkozy par Kadhafi. Cette affaire est toujours très controversée : preuve en est, l’excellent journaliste Hervé Gattegno vient de publier son enquête visant à démontrer une grande machination. Au moment où je vous parle, il est interviewé sur RMC (Radio Brunet) si vous souhaitez écouter en Podcast son intervention passionnante.
Mediapart, c’est un journal qui aime couper des têtes avant tout, surtout celles qui ne sont pas de leur bord.

Maintenant que le contexte est posé, revenons à De Rugy… Le ministre de l’écologie était déjà dans le collimateur de Mediapart depuis environ un an, lorsque ce dernier mettait en évidence les dépenses «douteuses » de De Rugy. Pas de vagues car trop vague… La patience est mère de toutes les vertus…

Sur la scène médiatique se disputent aujourd’hui les témoins défenseurs de l’ex-ministre (qui donnent leur noms) contre les témoins sous couvert de la protection des sources, donc anonymes… ce qui finalement ne donne rien de bon puisque nous le savons, un témoignage ne saurait être une preuve…

Parallèlement à ça, sur les réseaux sociaux, c’est l’apocalypse : avant même de pouvoir se défendre, F. De Rugy est déjà condamné coupable par l’opinion publique… enfin celle de Facebook et Twitter, celle qui ne représente pas toujours la réalité, car il existe aussi la « majorité silencieuse » qui l’est souvent un peu trop… La parole est prise par les réactionnaires, les opposants politiques qui ne seront de toute façon jamais contents des gouvernements en place et qui se frottent les mains à la moindre polémique qui peut leur faire gagner quelques points aux élections. On l’a bien vu lors de l’affaire Fillon.

Je suis sidérée de cette tendance à l’assassinat politique… les médias, pourtant si critiqués quand ça arrange les uns, se font d’un coup les procureurs de la nation entière quand ça arrange les autres. Je reste convaincue de l’excellent travail d’une majorité de journalistes mais qu’il existe une certaine minorité qui aime racler les fonds des poubelles pour faire parler d’eux.

Des témoignages d’anciens membres du personnel de Matignon, de l’Élysée ou de l’hôtel de Lassay ont afflué pour certifier que ce n’est pas le ministre et encore moins le président qui décide du menu qui est servi lors des repas dans ces lieux de prestige. Même s’ils ne font toujours pas office de preuve, il reste néanmoins intéressant de les écouter pour connaître le fonctionnement d’un monde qui nous échappe.

Dans toute cette histoire, n’oublions pas un principe fondamental : la présomption d’innocence. Attendons l’issue de cette affaire, ne jugeons pas trop vite.

Mais au final, cela soulève une autre problématique : cette transparence à tout prix est-elle réellement bénéfique ?
Nous ne pouvons pas demander à nos élus de vivre comme des moines, et ici cela ne concerne que quelques milliers d’euros qui ne sont pas allés dans la poche de F. De Rugy, mais qui ont servi à recevoir des acteurs de la vie politique, je ne vois vraiment pas où est le problème…
Il faut arrêter de regarder toujours le haut du panier, mais plutôt regarder autour de nous : nos propres élus locaux font de belles soirées avec leurs pairs et ça m’étonnerait qu’on leur serve des carottes râpées avec de la Villageoise.
C’est pourtant ce que souhaiteraient certains citoyens, idée complètement ridicule…
Sans tomber dans l’excès, je trouve cela normal que nos dirigeants mènent une vie confortable au vue de leur statut et des responsabilités qui leur incombent…

Enfin je terminerai par l’ironie de l’histoire : François De Rugy s’est toujours battu pour la transparence de la vie politique ainsi que la diminution du train de vie des députés… Il en devient le premier exemple (ou martyr ?) malgré lui…

Le voici seul à présent, en espérant que cela ne se termine pas comme Bérégovoy qu’il a cité comme exemple ce matin sur Twitter… Car ceux qui veulent sa peau ne sont pas loin, qu’ils en soient conscient ou pas : les silences sont souvent aussi coupables que les actes…

Sources:

https://www.lejdd.fr/Politique/exclusif-sarkozy-kadhafi-les-coulisses-dune-machination-3909594
https://www.lejdd.fr/Politique/il-a-participe-a-un-diner-avec-rugy-a-lhotel-de-lassay-il-nous-raconte-3909114
https://blogs.mediapart.fr/paul-cassia/blog/150719/les-homards-du-president-de-rugy-expression-de-sa-souverainete
https://www.mediapart.fr/journal/france/100719/la-vie-de-chateau-sur-fonds-publics-des-epoux-de-rugy?onglet=full