Mardi 29 septembre 2020

Les projets fous pour sauver la planète !

Loin d’être la bobo gaucho de service, je me suis toujours sentie très concernée par l’écologie. Au-delà des documentaires alarmistes qu’on a l’habitude de voir, j’aimerais parler aujourd’hui de quelques optimistes qui essaient de changer la « face du globe »,avec des idées un peu folles, mais toutefois pertinentes.

Pendant que certains rêvent d’inverser la courbe du chômage, d’autres s’évertuent à inverser celle du climat. Cela s’appelle de la géo-ingénierie.

1 – Ocean Cleanup

C’est l’histoire de Boyan Slat, un ado Néerlandais de 16 ans en vacances en Grèce, qui décide de faire de la plongée sous-marine, quand au bout de quelques minutes, il remarque qu’il y a plus de plastique que de poissons à observer. Il se demande alors comment se fait-il que personne ne cherche à résoudre ce problème. En effet, on entend fréquemment parler de « 6ème continent », en réalité il existe 5 points de concentration des déchets plastiques.

Les principales plaques de déchets dans le monde

De ce constat, notre jeune Néerlandais en déduit qu’il suffit juste de « nettoyer » les océans avec un filet géant !

Les années passent, et en 2012, Boyan stoppe ses études tout en participant à des conférences où il expose son projet. Tout le monde adhère. Mais il y a des contraintes non négligeables.

Près d’une centaines d’ingénieurs et scientifiques se portent volontaires pour la bonne cause.

Tout d’abord, il faut trouver un système pour que les poissons ne restent pas piégés comme dans un filet de pêche : un écran en carbone relié aux barrières flottantes va être créé, un genre de filet super high tech en définitive !

Ensuite, l’idée de départ d’une barrière flottante de 100 km de long fut abandonnée pour une flotte de plusieurs petits systèmes flottants de 600m chacun. Ainsi, chaque système collecte sa quantité de plastique qui sera récupéré par un « navire-poubelle ».

Enfin, l’investissement est colossal pour une telle entreprise. Une campagne de crowdfunding est alors lancée en 2014.

Plus de 2 millions de dollars en 100 jours vont alors être récoltés, avec 38 000 contributeurs de 160 pays différents.

Ce sera d’ailleurs la campagne de crowdfunding à but non lucratif la plus fructueuse de l’histoire.

Avec ce pactole, tout le monde se met vite au boulot, et après 4 années d’études et de tests à petite échelle, ce projet de grande envergure débute le 10 septembre 2018. Les systèmes de barrières flottantes ont quitté San Francisco ce jour-là pour se diriger vers la plus grosse plaque de déchets, celle du Pacifique Nord.

Boyan Slat et ses barrières flottantes

Boyan a aujourd’hui 24 ans. Tout est parti d’une idée toute simple, pour sauver notre bonne vieille planète. Heureusement qu’il existe des optimistes comme lui, avec des rêves ne pouvant se concrétiser qu’avec une volonté de fer.

Ici le lien pour voir le concept et éventuellement faire un don : https://www.theoceancleanup.com

2 – Quantafuel

Cette Start-up norvégienne (décidément ce sont toujours les mêmes qui sont les plus écolos) a eu une idée révolutionnaire : transformer le plastique en pétrole. En gros on inverse le processus, puisque le plastique est issu du pétrole !

Après plus de 10 ans de recherche, la première usine du genre est sur le point d’être inaugurée.

Début 2019, avec 900kg de pétrole pour une tonne de plastique collectée, Quantafuel compte produire environ 350 barils par jour, ce qui est déjà très prometteur… mais la société ne compte pas s’en tenir là et souhaite multiplier par dix sa production d’ici 10 ans !

Que va devenir ce pétrole « recyclé » ?

70% de la production sera transformée en diesel, 15% en essence.

Ce qui veut dire que bientôt, nous roulerons en partie avec du pétrole recyclé, ce qui est quand même pas mal !

Et pour aller plus loin : si Ocean Cleanup et Quantafuel se mettent en contact, cela pourrait devenir un véritable challenge environnemental. L’un fournit le plastique récupéré dans les océans, l’autre le recycle. Perso, je trouverais ce genre de collaboration juste génial.

Le lien vers le site : https://quantafuel.com

3 – Les autres projets…

Les idées en terme de géo-ingénierie ne manquent pas. Sur ce dernier point, je vais mettre en vrac ce que j’ai pu trouver sur la toile…

  • disperser des particules de souffre dans la stratosphère (donc entre 10 et 50 km d’altitude) : en observant les éruptions volcaniques, les scientifiques ont constaté que le souffre qui se dispersait dans l’atmosphère avait un effet « filtre» par rapport aux rayonnements du soleil. Les régions concernées ont vu une baisse de température pouvant durer plusieurs années.
  • Injecter du gaz carbonique avec de l’eau dans le sol : « Carbfix » de son petit nom, est un projet Islandais (comme je vous disais toujours les mêmes) qui consiste à transformer le carbone en minéraux. D’après les 1ères expérience, cela fonctionne au bout de 2 ans d’enfouissement sous terre. Mais il y a 2 gros bémols : tout d’abord il faut de grandes quantités d’eau pour que l’effet escompté se produise, et de plus, le coût d’une telle manœuvre peut se révéler astronomique à grande échelle. Ce qui est fort dommage…
  • Solaren: ce projet de grande envergure consiste à récupérer l’énergie solaire directement depuis l’espace, grâce à des satellites équipés de panneaux solaires. Sans l’effet filtre de l’atmosphère, la récolte serait certainement très fructueuse, mais ici encore, le coût est tout simplement vertigineux… lancement du projet d’ici 2020 (si pas encore repoussé).
  • Mettre en orbite des milliards de petits miroirs afin de dévier les rayons du soleil…. coût estimé : plusieurs milliers de milliards de dollars…

Les ingénieurs et autres experts ne manquent pas d’imagination… ce qui part d’une très bonne intention se révèle au final coûteux et controversé. Concernant les conséquences de telles mises en œuvre, certains s’accordent à dire que cela pourrait être catastrophique. Par exemple, en multipliant le nombre de nuages (comme certains en ont eu l’idée), on refroidit certes la planète, mais les risques d’intempéries augmentent. Dans un climat actuel aussi instable que dangereux, il vaut peut être mieux éviter de se prendre pour Dieu, surtout à l’échelle planétaire, et se consacrer déjà à ce qui est faisable…

Enfin, je m’interroge sur la viabilité des tous ces projets… Une prise de conscience collective et mondiale permettrait de ne plus avoir à « réparer » le mal qui a été fait. En d’autres termes, si l’on trouve des solutions pour nettoyer la Terre, ce n’est pas une raison pour continuer de la polluer comme on le fait aujourd’hui. Au final, on ne fera que retarder l’échéance…